La lecture est une activité cérébrale complète. C’est, de fait, l’une des plus complètes, puisqu’elle exige la coordination de nombreuses fonctions cognitives qui sont déjà complexes par elles-mêmes. C’est aussi une activité qui procure aux êtres humains de grands plaisirs (ainsi, Jorge Luis Borges voulait qu’on lui fasse la lecture pour pouvoir se sentir vivant) et qui contribue à faire travailler le cerveau, ce qui est essentiel pour qu’il reste en bonne santé.

Si, comme nous le verrons plus loin, lire est grandement bénéfique pour n’importe qui, la lecture est une activité indispensable pour les personnes atteintes d’un trouble de la latéralité, ou latéralité croisée.

Comme l’explique l’article d’EfeSalud intitulé La lecture : une gymnastique cérébrale parfaite, c’est l’hémisphère cérébral gauche qui, chez la majorité des gens, est consacré aux fonctions de la lecture et de l’écriture (sauf chez les gauchers, qui utilisent l’hémisphère cérébral droit pour ces fonctions, puisque c’est leur hémisphère dominant). Toutefois, un certain pourcentage de la population (les personnes à latéralité croisée) répartissent ces fonctions sur les deux hémisphères, si bien que ces derniers « rivalisent pour le langage ». Cela entraîne chez eux des problèmes d’apprentissage de la lecture (outre des problèmes de dysgraphie, de compréhension des énoncés de certaines matières, comme les maths et la physique, de dysorthographie, de dyslexie perceptive ou auditive, voire d’alexie).

15 razones por las que para nuestro cerebro es importante leer

Pour surmonter ces difficultés de lectures, il est bon de travailler plusieurs points avec le patient, de façon à ce qu’il acquière une bonne base de latéralité (il faut latéraliser la personne vers son côté dominant), en renforçant les parcours synaptiques. Ces points, qui se travaillent pendant la thérapie, sont les suivants :

  • Le schéma corporel
  • L’organisation de la perception
  •  L’orientation droite-gauche
  •  La structuration rythmique
  •  La structuration spatiale
  •  L’organisation temporelle
  • La capacité d’abstraction

Le traitement, individualisé, dépend de l’évaluation préalable de chaque cas. Cette évaluation sert à observer la capacité du patient pour :

  • La lecture visuelle des mots
  •  La compréhension de la lecture
  •  La fluidité de lecture
  •  La précision de lecture

Si l’enfant, ou l’adolescent, n’acquiert pas une bonne base de latéralité, son rendement lecteur sera déficient pour ce qui est de :

  • La mécanique lectrice : il lira difficilement de façon mécanique, ajoutant ou omettant des syllabes aux mots. Il lira en sautant des mots ou des lignes (la coordination oculo-manuelle est croisée: main droite – œil gauche).
  • La mémoire lectrice : ces personnes ont beau avoir une très bonne mémoire, elles présentent des difficultés de concentration, et se dispersent facilement (elles sont agitées, hyperactives ou sont très démotivées).
  • La copie des dictées, la rédaction de synthèses et de résumés, ou la confection d’un schéma synoptique (il leur arrive de se concentrer sur les idées secondaires et non pas sur le fil conducteur).
  • Suivre le rythme de la classe : ces personnes se perdent facilement dans le « ici et maintenant ».
  • Prendre des notes, car l’hémisphère cérébral droit et le gauche doivent fonctionner au même rythme pour atteindre en même temps la capacité de synthèse et la capacité d’analyse.
  • La compréhension lectrice : la personne ne comprendra pas ce qu’elle lit.

Tout cela conduira probablement à un redoublement ou à un changement d’école, puisque la lecture est la base d’une bonne scolarité. Son bien-être émotionnel et social en sera très affecté.

15 razones por las que es tan importante leer (con o sin lateralidad)

Les enfants qui présentent des problèmes de lecture n’ont pas envie de lire : tout simplement parce que cela leur demande un gros effort et qu’ils n’y trouvent pas le moindre plaisir. Ils recherchent donc des stratégies pour éviter la lecture. Et lorsqu’ils lisent, c’est par obligation.

La directrice de notre centre, Joëlle Guitart, recommande aux parents des patients en âge de pouvoir lire qu’ils consacrent environ dix minutes chaque jour à faire lire leur enfant avant qu’il aille se coucher, en réservant les 3 dernières minutes pour qu’il explique ce qu’il a compris de sa lecture. Cette habitude est un excellent exercice pour le cerveau. Il stimule en effet le parcours synaptique vers l’aire de Broca (lobe qui correspond au langage). Si l’enfant est plus petit et n’a pas encore appris à lire, elle recommande que ce soit les parents qui leur lisent des histoires (il est important de leur donner cette habitude et qu’ils prennent exemple).

Voyons maintenant quelles sont les 15 raisons pour lesquelles il est si important de lire (et pas seulement en cas de problème  de latéralité):

  1. La lecture développe l’empathie : le fait d’accéder au mode de pensée et au ressenti d’autres gens, même si ce sont des personnages de fiction, aide à comprendre des pensées et des sentiments autres que les siens.
  2. Elle permet de vivre des expériences que l’on ne vivrait pas autrement : le cerveau ne fait pas beaucoup de différence entre ce qu’on lit et ce que l’on vit dans la réalité, si bien que les deux produisent des sensations très similaires.
  3.  Elle développe la capacité d’attention: la structure propre à tout récit (approche, développement et dénouement) « apprend » au cerveau à penser de manière séquentielle et, par conséquent, à maintenir la concentration et l’attention tout au long de cette séquence.
  4.  Elle développe la compréhension lectrice.
  5.  Elle exerce le traitement du langage écrit.
  6.  Elle stimule l’activité cérébrale : les résonnances magnétiques témoignent que les enfants à qui on lit des histoires présentent une activité cérébrale plus importante (dans les aires correspondant à la signification du langage et dans les aires correspondant à la visualisation).
  7.  Elle développe et façonne l’identité : elle intervient dans la configuration des connexions mentales, créant au passage de nouvelles idées et de nouveaux modes de pensée.
  8.  Elle renforce les connexions neuronales : en stimulant le cerveau, elle le garde « en forme » (elle oblige à penser, à ordonner et à relier des idées, etc.).
  9.  Elle augmente les réserves cognitives du cerveau. Or, il semblerait que ces réserves jouent un rôle majeur pour garder le cerveau en bonne santé pendant la vieillesse et pour protéger des maladies neuro-dégénératives.
  10.  Elle retarde et prévient la perte de mémoire (en relation avec le point précédent).
  11.  Elle aide à concilier le sommeil : du fait qu’il s’agit d’une activité relaxante pour le cerveau, elle « prépare » à dormir (à condition de ne pas lire sur un dispositif rétroéclairé).
  12.  Elle augmente le flux sanguin dans le cerveau.
  13.  Elle augmente la capacité de pensée analytique et critique.
  14.  Outre qu’elle améliore les fonctions du cerveau, elle accélère la capacité de réaction.
  15.  Elle nous aide à mieux nous exprimer oralement : contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est la lecture qui nous apprend à bien parler, et non pas l’exercice consistant à parler.

 Nulla dies sine linea (pas un jour sans [lire] une ligne !).

Sources:

6 motivos científicos por los que es bueno leer

Un cerebro más protegido gracias a la lectura

Lectura, perfecta gimnasia cerebral